EN 1900, UNE NOUVELLE ÉGLISE POUR CLICHY :
SAINT-VINCENT-DE-PAUL

Pour suppléer à l’insuffisance de l’église Saint-Médard, devenue trop petite en raison de l’augmentation de la population, le chevet de celle-ci est amputé pour la construction d’une nouvelle église dédiée à Saint-Vincent de Paul. L’édification de l’église fut entreprise en 1900 par l’architecte Jacob Lequeux et l’entrepreneur F. Souillart. Les deux bâtiments sont étroitement imbriqués, Saint Vincent de Paul venant couper Saint Médard perpendiculairement. Dans un style néo-roman, l’église Saint-Vincent de Paul se compose d’une grande nef avec voûte d’ogives soutenue par des piliers circulaires constituant le cœur de l’édifice, et d’une amorce de transept resté inachevé. Les deux bâtiments sont étroitement imbriqués, Saint-Vincent de Paul venant couper Saint-Médard perpendiculairement. Dans un style néo-roman, l’église Saint-Vincent de Paul se compose d’une grande nef avec voûte d’ogives soutenue par des piliers circulaires constituant le cœur de l’édifice, et d’une amorce de transept resté inachevé. La construction reprendra en 1960 par un mur droit faisant office de chevet plat, tandis que Saint-Médard est séparé par un mur droit après restauration.
De généreux donateurs ont fait don des vitraux qui évoquent des épisodes de la vie de Saint-Vincent de Paul sur les bas-côtés : la plantation d’un arbre de Judée, sa rencontre avec Louise de Marillac, le secours apporté aux habitants de Gennevilliers. Les vitraux des fenêtres hautes rappellent le passé royal de Clichy, illustré par quelques épisodes de la vie de Dagobert.

DATES CLÉS

1900-1905 : construction de l’église Saint-Vincent de Paul accolée à l’église ancienne (Saint Médard-Saint Sauveur)
1912 : fête du 300e anniversaire de l’arrivée de St Vincent
1960 : fête du 300e anniversaire de sa mort
1966 : agrandissement et transformation du sanctuaire et du mobilier liturgique
2012 : année jubilaire du 400e anniversaire de l’arrivée de St Vincent

ACCÈS

94, boulevard Jean Jaurès. Ouverte chaque jour de 8h15 à 19h30.

Dans le transept gauche, l’oratoire accueille la présence du Saint-Sacrement.
A droite, en entrant dans l’église se trouve le bureau d’accueil des prêtres.

 PATRIMOINE

Inscription dédicatoire

L’église fut inaugurée « sous le pontificat du pape Léon XIII, Bernard Blauvac étant curé, Thomas archidiacre, le conseil de Fabrique présidé par Amédée Maës. »

L’orgue John Abbey

Construit en 1899 et installé pour l’Exposition Universelle de 1900. D’abord installé rue Saint Didier à Paris, par le facteur Abbey, il fut joué notamment par Camille Saint Saëns (1835-1921) qui était à la fois organiste, pianiste et compositeur. Il a été restauré en 1999. Il est inscrit à l’inventaire des objets et monuments historiques.

Le mobilier liturgique

En 1966, le père Roger Chabrel lance une transformation complète du sanctuaire et du mobilier liturgique. La réalisation fut confiée à deux artistes, Pierre et Véra Székély.
Pour animer le mur de chevet qui manquait de chaleur, Véra Székély imagina un grand bas relief tissé et plissé de couleur ocre. Au dessus de l’autel fut installé un lustre en métal découpé dont les éléments symbolisent la couronne d’épines du Christ.
Pierre Székély réalisa en granit gris de Bretagne (hommage discret à la nombreuse population de Clichy), l’autel, l’ambon, le tabernacle et le siège de l’officiant.

VITRAUX

Deux séries de vitraux, offerts par de généreux donateurs, ont été réalisées dans la nef au début du 20e siècle lors de l’édification de l‘église. Les fenêtres hautes de la nef, et celle des bas côtés, sont ornés de vitraux représentant des personnages illustres ayant séjourné à Clichy.

Fenêtres basses – Episodes de la vie de Saint Vincent à Clichy

Les vitraux des bas côtés représentent Saint Vincent installé curé de Clichy en 1612, saint Vincent plantant un arbre de Judée, Louise de Marillac présentée à Saint Vincent, saint Vincent prêchant, saint Vincent secourant les habitants de Gennevilliers, saint Vincent baptisant en 1623, Saint Vincent passant à Clichy en pendant la Fronde (1649).

Fenêtres hautes – Dignitaires de la Cour de Dagobert

Les fenêtres hautes de la nef sont ornées de vitraux qui présentent certains dignitaires de la cour de Dagobert (v. 600-639) à Clippiacum. Le maître verrier choisit de cerner les personnages avec un motif d’entrelacs, typique du haut Moyen Âge. Celui qui reconstitue l’unité du royaume franc avec Paris pour capitale, de 629 à 639, semble mener dans son palais une vie dissolue avec trois femmes et de nombreuses concubines. Judicaël, roi des Bretons, vient faire sa soumission en 636 à Dagobert. Mais quelque peu choqué par tant de désinvolture, il préfère s’installer chez Dadon, référendaire de Dagobert et futur saint Ouen.
Sur le côté droit de la nef, à l’est figurent le baptême de St Eloi, saint Ouen nommé évêque de Rouen par Dagobert, Judicaël roi des Bretons, faisant sa soumission à Dagobert, Comatrude, épouse de Dagobert.
Sur le côté gauche de la nef, à l’ouest, on voit le mariage de Dagobert, saint Wandrille consacrant Dagobert roi des Francs, Sigebert, fils de Dagobert, saint aman, évêque de Maastricht vers 646.

Vitrail Cardinal Amette

L’Eglise sera consacrée par Monseigneur Amette, cardinal archevêque de Paris.
Le cardinal Richard a posé lui-même la première pierre le 23 septembre 1900. Le curé de la paroisse rayonnait de joie. Il prit la parole et ce fut pour dire « tous les sacrifices, toutes les délicatesses exquises que cette église a provoquées : des enfants d’école se privant du déjeuner du matin ; une famille du pays donnant 40.000 francs d’un coup ; de vieux forgerons mettant de côté un centime par heure de travail ; d’autres supprimant leur tabac ; un étranger plaçant 10.000 francs dans la main du curé et disparaissant sans laisser le temps de balbutier un merci… ; de pauvres Conférences de Saint-Vincent de Paul se saignant aux quatre veines pour envoyer leur obole du bout du monde ; d’humbles Filles de la Charité suscitant pour leur fondateur des dévouements qui laissent place à tous les espoirs… et heureusement, car il y a bien encore, une centaine de mille francs à trouver » (compte-rendu de Pierre-l’Ermite, curé de St François de Salle)